mardi 26 janvier 2021

Mes mots.

 


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J’voulais t’écrire, des mots câlins,
Des mots qu’on aime, au p’tit matin,
Des mots d’amour, sortis du lit,
Juste entre le drap et nos envies.
J’voulais t’écrire, des mots caresses,
Là où nos corps, se fondent d’ivresse,
Là où les frissons nous envahissent
Là, où nos mots se font complices.
J’voulais t’écrire de longs poèmes,
Où y’aurait des mots comme des « je t’aime »,
Des mots légers, des mots sucrés,
Des mots au goût de tes baisers.
J’voulais t’écrire un poème,
Pour te dire combien je t’aime,
Mais j’ai choisi ces mots
Qu’j’ai mis dans mon sac à dos
 
Des mots sucrés, de gourmandise,
Là où nos lèvres se font complices,
Ce goût de miel, sur ta peau d’or
Qui m’ferait bourlinguer dans le nord.
Je voulais t’écrire des mots d’bonheur,
Des mots qui sèchent les larmes à l’œil,
Des mots tendresse, doux et exquis
Des mots qui te caressent l’esprit.
Des mots d’amour, à tes oreilles,
Et dans le cou, dés le réveil,
Un p’tit baiser qui vient s’poser,
Comme une plume sur l’oreiller.
J’voulais t’écrire un poème,
Pour te dire combien je t’aime,
Mais j’ai choisi ces mots
Qu’j’ai mis dans mon sac à dos
 
Des mots qui collent au souffle du vent,
Des mots qui s’promènent par tous les temps,
Des mots qui glissent, des mots pivoine
Des mots qui te serre dans les bras.
Des mots qui te tiennent chaud au cœur
Qui te remplissent de vrai bonheur.
Des mots qui t’embrassent, au réveil,
Des mots passion qui t’émerveillent.
Des mots que j’accroche à tes rêves
Comme un grand bouquet de soleil
J’aimerais qu’tu t’habilles de ces mots,
Pour que ton ciel soit toujours beau.
J’voulais t’écrire un poème,
Pour te dire combien je t’aime,
Mais j’ai choisi ces mots
Qu’j’ai mis dans mon sac à dos.
J’voulais t’écrire un poème,
Pour te dire combien je t’aime,
Mais j’ai choisi tous ces mots
Qu’j’ai mis dans mon sac à dos.
 
Paroles et musique : Robert Nicollet.


jeudi 21 janvier 2021

La violence.

 



Je ne comprends pas la violence et les gens qui sont violents... la violence des personnes, des systèmes, des lois, la guerre, l'économie... La violence psychologique, la violence morale, la violence physique... alors j'ai écrit ça... ce n'est pas une chanson, mais un cri contre la violence et contre ceux qui la portent...Et j'ai une pensée toute particulière pour une femme qui régulièrement en souffre....


La violence.
 
Eh! La violence, tu connais!...

La violence se vautre dans le ventre de la terre,
Dans les crevasses fumantes, des volcans en fusion,
Lorsque la lave jaillit de la gueule de l'enfer,
Pour rejoindre l'innocence, et blesser les passions.
 
La violence porte les maux, du délire des âmes,
Quand plus rien ne va, quand rien ne se dit plus,
Quand les aurores brûlantes et noircies de nos larmes,
Bouleversent le crépuscule de nos éperdus...
 
Pendant ce temps-là, sur les perchoirs du soleil,
Deux belles âmes s'aiment regardent le bleu du ciel
Les étoiles de leur nuit, sont plus fortes que la haine,
Et leurs cœurs passionnés se libèrent de leurs chaînes...

Elle se couche au tapis de sa sombre impuissance,
Le corps tendu, les bras enflés, le regard blême
Les poings serrés, la gueule ouverte, elle est en transe
Ses yeux emplis du vide, la violence se fait chienne.
 
Elle vocifère face à la poésie du sensible,
Devant le bonheur des harmonies fleurissantes
Devant la sublime beauté des âmes libres,
Elle montre ses crocs saillants, la bave dégoulinante.
 
Pendant ce temps-là, sur les perchoirs du soleil,
Deux belles âmes s'aiment regardent le bleu du ciel
Les étoiles de leur nuit, sont plus fortes que la haine,
Leurs cœurs passionnés les libèrent de leurs chaînes...
 
Elle grogne, elle gueule, elle hurle, elle offense
Elle s’agrippe aux gerçures de la mélancolie,
Là où l'amour se loge dans un lit d'innocence.
Elle sait le salir, jusqu'à l'ultime mépris.
 
Elle dépouille la beauté, la recouvre de laideur,
Là, où des êtres s'aiment et s'aimeront infiniment.
Dans les ruelles hantées aux fantômes tapageurs
La splendeur agonise dans les flaques du néant,
 
Pendant ce temps-là, sur les perchoirs du soleil,
Deux belles âmes s'aiment, regardent le bleu du ciel
Les étoiles de leur nuit, sont plus fortes que la haine,
Leurs cœurs passionnés les libèrent de leurs chaînes...
 
L'esprit blessé de ses mots acides et vulgaires
Chaque soir d'hiver, l'amour se fait poussière
La violence le balaye, de ses insultes soudaines,
Et le jette en pâture, au vent qui les emmène,
 
La violence, la colère, ne pourront triompher
Elles se brûleront les ailes, jusqu'à la dernière plume.
Pendant qu'l'amour s'envole, aux yeux des Libertés,
En face du soleil, où les rayons s'allument,
 
Un jour, on pourra lire, sur une plaque de marbre gris,
Ici gît la violence, morte, du bonheur des autres,
Son dernier souffle fût pour un ultime cri,
Dernier écho, de vie avant qu’le vent l’emporte…
 
Pendant ce temps-là, sur les perchoirs du soleil,
Deux belles âmes s'aiment regardent le bleu du ciel
Les étoiles de leur nuit, sont plus fortes que la haine,
Leurs cœurs passionnés les libèrent de leurs chaînes...
 
Paroles et musique : Robert Nicollet.

 

lundi 18 janvier 2021

L'ivrogne.

 


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Il est au bar, comme chaque soir,
Il se saoule, à coup de canon,
Du mauvais rouge, qu’on appelle noir,
Et y’a ses gosses à la maison.
Puis y’a sa femme, qui se chagrine,
Parce qu’elle est marié à un con
Parce que la vie, c’n’est pas facile,
Quand on a deux petits garçons.
 
Alors, elle attend son ivrogne,
En regardant un film à la télé,
Le soir, s’étire, mais sa charogne,
Comme d’habitude n’est pas rentré.
Il est en bas, dans ce bistrot,
A r’faire le monde, jusqu’à plus trop,
Avec ces copains, les poivrots,
A s’inonder l’gosier de merlot.
 
Elle finit par coucher ses mioches,
Il est bien tard, la soupe est froide,
Tant pis pour lui, cette saleté cloche
Elle va l’attendre, sans trop d’espoir.
Il y a des pas dans l’vestibule
Et le soiffard revient bourré,
En dégueulant des mots d'insulte
En titubant, dans l’escalier.
 
Il se redresse, tout en gueulant,
Sans prendre soin de ses enfants,
Puis, il s’en prend, à la maman
Sa femme, depuis bien trop longtemps.
Il la cogne, elle pleure, elle crie,
L’ivrogne s’défoule, aveuglément
Elle est là, gisante, et sans vie,
Pendant qu’l’autre s’endort en cuvant.
 
Je chante ces mots, ce cri d’horreur,
Pour tous ces pochards de malheur,
Est-ce le patron de ce bistrot,
Qui connaît bien tous ses poivrots.
Est-ce le voisin ou la voisine,
Qui entendent tout, mais qui s’débinent.
Est-ce la police, ou le social,
Qui s’fatiguent vite de trop scandale.


Est-ce le mari, qui cuve son vin
Tous les jours du soir au matin,
Est-ce la victime, qui n’y est pour rien,
Qui a eu peur, de son conjoint…
Connaîtrons nous la vérité,
Serons nous un jour, concernés ?
Du mal d’amour d’la société…
 
Paroles et musique : Robert Nicollet.

vendredi 8 janvier 2021

L'ïle de Marö.

 


L’île de Marö.
« Aux amours interdits »


Rêves sur un nuage.
 
J'ai rêvé, ce matin, de tes lèvres sur les miennes.
Allongés dans l'écrin, de notre nid du "je t'aime",
La douceur du velours, sur nos corps en bohème,
Nous emmène à l'amour, à nos rêves en poème.
 
Mes baisers sur tes lèvres, mes caresses de soie,
Mon désir, et ma fièvre, du vouloir être en toi.
Enflamment mon coeur, et réveillent mes envies
De choyer la fleur, qui m'aime si loin d'ici.
 
Nos étreintes, nos caresses, nos parfums se mêlent,
Aux souffles de nos ivresses, aux pays de nos merveilles,
Aux plaisirs de nos corps, aux splendeurs de nos coeurs.
A l'élixir de nos "encore", à l'éther de nos ailleurs.
 
Tu te blottis tendrement, la tête, sur mon torse,
Nous écoutons en silence, ce que le plaisir nous offre.
Et nos âmes grisées, de nos pluies de baisers,
Se posent sur un nuage, là haut, hors de nos cages.
 
Voyage au pays de nos rêves
 
Aux pays de nos rêves, de nos mots magnifiques,
De notre amour en dentelles aux étreintes harmoniques.
Mes yeux dans tes yeux, nos regards qui se troublent
De ton vert à mon bleu, nos couleurs se couplent.
Un duo d'arc en ciel, aux éclats de diamant
Nous montre le chemin, et nous parle d'espérance.
Il pleut de fins pétales, de tes blanches pivoines,
Sur ce nuage divin, où nos amours s’enflamment.
Ce parterre, embaumé, des plus belles senteurs,
Trouble nos esprits, sublimant nos ardeurs.
Notre amour en fusion, nos âmes en tempête,
Nous nous envolons, à la cime de notre quête...
Des nuages à la mer, sur un radeau de fortune,
Nous voguons ensemble, sur l'île de nos dunes,
Là où nos rêves s'endimanchent de pastel,
Où nos envies, nos baisers, nos tendres ritournelles,
Se construisent en dehors des barrières du réel.
La brume sur l'eau se pose en coussin,
Plus un bruit, plus un souffle, l’univers du serein.
Nous sommes l’un et l’autre immobiles, à l’affût,
De ce rêve en vadrouille, voguant à notre insu…

Messagère des rêves
 
Se pose près de nous, une blanche colombe,
Messagère d'amour, aux douceurs vagabondes,
La brume se lève, en un tour de magie.
Le soleil nous éclaire, la nature reprend vie.
Sur ton visage de Reine, où la lumière se pose
Où la clarté révèle, ce que nos êtres exposent
Je peints des "je t'aime", que ton coeur vendange,
Ce vin doux et ambré, qu’on appelle vin des anges.
Comme un poème d'ivoire, dans un écrin nacré,
Comme les mots de cristal, aux lumières de reflet,
Aux étincelles d'or, aux bordures d'argent,
Tu es là, si belle, sur ce radeau dérivant.
Des chants de sirène, au loin se font entendre,
Annonçant la naissance d'un jour neuf, un bing bang.
Ces charmeuses enchantées, aux aubades grisantes,
Nous enivrent l'esprit, symphonie déferlante...
Tendrement, je prends ta main, sur ta bouche, un baiser,
Et nous nous contemplons, amoureux et grisés,
Par cette intensité, cet univers de l'instant,
Nous nous rapprochons, l'un et l'autre, doucement.
Le ciel se fait si bleu, jusqu'à l'horizon.
Les mouettes tournoient, en sifflant nos chansons,
Tu étincelles, telle une étoile, une déesse,
Faisant vibrer, mon âme, jusqu'à l'ivresse...
La lumière, s'allonge sur cette mer de pastel,
Et ivre, je reste à tes côtés, ma belle.
Ivre de toi, de tes mots, de tes merveilles,
Ivre de toi, de tes mots, de tes merveilles...

L’île de nos rêves
 
Les alizés se réveillent, sur cette mer tranquille,
Nous distinguons à peine, ce tout petit bout d’île,
Un souffle de liberté, nous rafraîchit le visage,
Poussant ce drôle de radeau, vers l'île de nos adages.
Nous voilà errant sur cette plage dorée
Tous deux, main dans la main, ta tête là posée,
Sur mon épaule docile, accueillant tes baisers,
Quelques vagues océanes, se brisent sur les rochers,
Nous voici sur cette île, tous les deux, isolés...
Avec pour tout bagage, notre amour infini,
Notre folle passion, nos désirs, nos folies.
L'envie d'être à nous, et rien qu'à nous, l'un et l'autre,
L'envie de croquer nos fruits, de partir en maraude,
De crier notre amour, au ciel, au soleil, aux étoiles,
De plonger dans les vagues, aux écumes de l'espoir,
Et que la lune nous éclaire, dans nos nuits de l'étreinte,
Le monde est à nous, nous n'avons plus de crainte.
Tu ramasses un vieux bois sur cette plage de beauté,
Et tu dessines nos prénoms sur le sable mouillé:

  - "Nous l'appellerons l'île de Marö, comme l'île de nous deux;
de la contraction de nos deux prénoms..." 

Tu t'enserres dans mes bras, je te soulève, je te porte
Nous valsons nos "je t'aime", nos pieds nus sur la grève,
Nous courons dans les vagues, le bonheur nous transporte
Nous rions, nous crions, nous sublimons nos rêves,
Et, la mer est petite, devant nos âmes amantes,
Et, le ciel, nous couvre de son manteau bleuté,
Le soleil nous suit, sa chaleur exaltante,
Nous pousse dans les flots,  nous en sortons trempés,
Mais heureux de pouvoir enfin, nous aimer…
Heureux de s’embrasser, comme une éternité…

Epilogue…
 
Combien d’amours ne sont plus que des rêves avortés,
Des passions en voyage de doux cœurs éloignés,
Combien de blessures s’endorment, leurs âmes asséchées.
Par Amour, ils attendent un signe, une parole, un baiser,
Et le temps qui s’étire, qui s'allonge d'éternel,
D'infiniment long, d'infiniment cruel
Et cette môme qu’on aimerait, avoir à ses côtés,
Celle qu’on aimerait choyer, qu'on aimerait embrasser
Celle, au regard de jade, à la voix de cristal,
Cette fée est si loin, et si proche de mon âme,
Si proche de mes pensées, de mes rêves en projet,
De nos tendres baisers, de nos tendres soirées.
 
Mais la vie s’en balance, et nous crache à la gueule,
Des interdits du néant, où l'amour est linceul.
Dans les tombeaux du pouvoir, où la mort squatte,
L'amour agonise, blessé à l'arme froide.
Je déclare à l’amour, nos milliers de baisers,
Qu’ils fassent fondre la glace de ces cœurs endormis,
Qui vous pointent la baïonnette, sur votre poitrine,
Avec un arrière goût d’arsenic, du mépris
Parce que la morale a des airs despotiques.
 
Ils hurlent à la guerre, aux blasphèmes de cureton,
A la corde des pendus, de la plume de Villon.
Je clouerai nos mots d’amour, sur la porte des églises,
Sur le front de ces gens qui font leurs vocalises,
Dans les bas-fond glacé, de leur triste impasse,
Où le noir se couche, dans le lit de leur crevasse.
Le pouvoir dans la tête, ils ne dominent rien… rien… rien…
L'amour, c'est plus fort, que les hurlements des chiens!
Pas une phrase, pas un mot, rien, un vent rugissant,
Où le silence s'égosille, sur les boulevards du néant!
Un vide de l’esprit, où la tourmente se glisse,
Et, les plus belles histoires, supportent leur milice.
 
Ils mettent des épines, aux coeurs des sentiments,
Et lancent leurs hallebardes, aux visages des amants.
L'amour pleure sur les trottoirs de tes baisers,
Ses larmes coulent sur des chemins escarpés...
Et, pendant ce temps là, nous, nous aimons, unis,
Éperdument forts dans le lit pur de la poésie.
Et pendant ce temps des êtres s’aiment aux bords de l’abîme,
Le cœur dans les étoiles, et les pieds dans le sublime,
Ils transforment le plomb en or, la haine en Amour,
La laideur en beauté, l'éphémère en toujours,
Et si le noir ici porte la lumière, c'est que leur nid
Flambe aux chaleurs de leur passion, de leur folie !
 
L’amour n’est que folie, elle ne calcule pas,
Elle vous parle au cœur, elle vous tend le bras,
Elle vous étrangle de frissons, de troublantes fièvres,
Corps contre corps, peau contre peau, lèvres contre lèvres,
Ses tendres baisers planent sur l’horizon de l’essentiel
Où les torrents rugissent d’écumes fusionnelles
Où le temps et l’espace, passent aux oubliettes,
Dans les cachots morbides, de la parenthèse.
Et le rêve la rencontre sur les draps de l’utopie
Pour qu’elles se réchauffent, de leur propre énergie
Aux voyages du céleste, elles moissonnent les étoiles,
En capture la lumière, et vous l’offre pour que dalle !...
 
Sur l'île de Marö, où habitent nos rêves,
nous profitons de nous, sans faire une seule trêve.
Toi, moi…
Le radeau s’en est allé, sauver d’autres amours rejetés…
Quand le soir vient, sur la plage aux palmiers,
Juste devant la lune, ronde et lumineuse, nous nous embrassons,
Heureux et fiers de nous aimer…
 
FIN

Texte et musique: Robert Nicollet.

lundi 4 janvier 2021

Je bois nos rêves.


Le vin comme archétype de l'amour... une chanson sur cette relation des mots et des concepts.

 
Quand le soir vient se coucher, sur mes jours noirs d’amour,
Quand la nuit je m’enivre, de tes mots doux alcoolisés,
Quand le vide me remplit, que la tempête, souffle toujours,
Je bois tes lignes pour m’étourdir, je vide tes bouteilles de baisers.
Et, je serais ivre, à m’envoler, à cracher mes liqueurs d’amour,
A déchirer mes sentiments, sur des poèmes en mal de blues.
Je bois nos rêves,
A m’saouler la gueule.
 
Quand la dernière bouteille vidée, aura le culot de se briser,
J’irais dans ma cave à vin, en bas, remonter du vin classé.
On trinquera à nos galères, au mauvais vin des crétins blasés,
Qui finiront par s’étouffer, parce qu’ils n’ont jamais su aimer.
Ils boivent leur rouge, comme des poivrots, des alcoolos de la mistoufle,
Et quand le soir, ils rotent de trop, ils ont l’odeur de vieux maroufles.
Je bois nos rêves,
A m’saouler la gueule
 
Je bois tes yeux, dans ton graal, où tes lèvres se sont posées,
Le vin est doux, comme du muscat, il est sucré comme tes baisers.
J’en bois des verres à l’infini, à me saouler, à en crever,
Pour ne pas perdre, une seule goutte, de ton amour immaculé.
Les renégats de l’escarmouche, devraient se tenir à carreau,
Le fiel qu’ils boivent, au goût de cirrhose, les fera tomber dans l’caniveau.
Je bois nos rêves,
A m’saouler la gueule.

Paroles et musique: Robert Nicollet.

mercredi 30 décembre 2020

Les marchands de lune

 



Dans ma ville, le soir,
Sur les trottoirs des remparts,
Y’a des marchands de brumes,
A quinze sous la plume,
Dans les rues sombres du trop tard,
Juste derrière les beaux arts,
Y’a des marchandes d’amour,
A trente sous la cour.
Sur le boulevard, tard le soir,
Pas trop loin de la gare,
Y’a des marchands de blues,
Qui sont là pour le flouze.
Y’a des poivrots du chagrin,
Sur les bancs jusqu’au matin
La bouteille en bandoulière,
Et, le cœur qui tangue de travers.
 
La nuit a ses secrets,
Que le jour ne connaît,
Y’a d’la vie, y’a d’l’amour,
Du soir au petit jour.
 
Paulo a ouvert son bistrot,
C’n’est pas loin de la rue Carnot
Tu peux boire des canons d’vin
Jusque tard au matin.
L’patron joue d’l’accordéon,
D’autres poussent la chanson,
Mais, si tu n’aimes pas les soiffards,
Il vaut mieux changer de bar.
Dans un théâtre à minuit,
Pas trop loin, d’la place Pie
Le jazz est à fleur de nuit
Il swingue, il hurle, il crie.
Tout près d’moi, y’a ma belle
On marche ensemble dans les ruelles
Et rejoindre notre nid,
S’aimer et finir la nuit.
 
Car elle a ses secrets,
Que le jour ne connaît,
Y’a d’la vie, y’a d’l’amour,
Du soir au petit jour.

Que j’aime mon brin de soleil
La tête blonde, les yeux verts,
Son regard qui me bouleverse
Qui me trouble jusqu’à l’ivresse.
Elle est si belle dans la nuit,
Que les étoiles lui sourient,
Et sèment des graines d’amour,
Aux amoureux jusqu’au jour.
Si tu n’aimes pas la nuit,
Tu n’trouveras jamais la lune,
Elle est partie loin d’ici,
Derrière l’étoile de Pampelune.
Là où les rêves font l’amour,
Sur le sable, au soleil
En attendant les beaux jours,
Lorsque la nuit se réveille.


Paroles et musique: Robert Nicollet.

mercredi 23 décembre 2020

A toi, mon Amour...

 

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Aux yeux teintés des lacs de Savoie
A l’or dessiné par le souffle du vent,
A tes pépites en soleil aux mille éclats
Aux rêves bercés par la houle du temps.

 

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A toi, mon Amour...
 
Aux tendres mots d’amour, du matin
A ceux sucrés de la fin de soirée,
A tes « je t’aime », clandestins,
Qui traînent en moi, toute la journée.
A nos rêves en dentelle de soie,
Finement brodés et posés
Sur ton corps de fée en émoi
Les soirs d’hiver près d’la ch’minée.
Aux tagues d’amour, sur le miroir,
Aux nuits de noir satin éclair,
A tes émeraudes du regard,
A tes reflets sur tes rivières.
Au sirocco, de tes baisers,
Aux tornades de nos frissons,
Aux folles vapeurs de nos pensées,
Aux alambics de nos chansons.
Je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime.

Aux cris d’amour d’étoiles filantes,
Sur les cratères de nos belles lunes,
Aux vapeurs soyeuses et enivrantes,
De nos deux souffles sur la dune.
Aux cimes veloutées de ton corps,
Que mes caresses ce soir, allument
De mille baisers, toujours, encore,
Toujours plus fous, qui nous parfument.
Aux bouquets de blanches pivoines,
Jeté à la gueule du vent,
Pour qu’il les porte aux creux d’ton âme,
Et y fleurissent tes jours, en printemps.
Il y a des rubis dans tes soleils,
Et des topazes, dans tes étoiles,
Et nos lunes se font de miel,
Et nos caresses de cristal.
Je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’aime.
 
C’est un lit, au satin de nos nuits,
Lorsque le temps se fait discret,
Que nos corps tissent nos envies,
Pour en offrir tous nos secrets.
A la tendresse de nos matins,
A la chaleur de nos soirées,
Aux lettres d’amour, aux doux câlins,
A tous nos arcs en ciel cachés.
Alors, la mer se fait légère,
Sur nos belles envolées de mots
Faisant épanouir nos rêves,
Faisant de l’amour, le plus beau.
A tous nos déliés à la plume,
Sur ce papier de vélin blanc,
Au mot désir que l’on écume,
Les soirs d’été, en s’embrassant.
Je t’aime, je t’aime, je t’aime...

Texte et musique: Robert Nicollet.

lundi 21 décembre 2020

Le chien (extrait des concerts du Printemps de Bourges avec l'Agence Culturelle.)

 



Avant de mourir, je veux qu’on me laisse
Isolé, seul, dans ma vieillesse.
La mort errante, en guise de laisse,
Avec pour maître, toute ma détresse.
Se retrouver au petit matin,
La peau ridée, en fil de lune,
Et, pouvoir croire au lendemain,
Le fait de boire son amertume.
Refaire le monde à chaque verre,
Lipper les gouttes, toute sa misère,
Pisser sur les plates bande du coeur,
Là où la mort se met en fleur.
Avant de mourir, je veux qu’on me laisse
Isolé, seul, dans ma vieillesse.
La mort errante, en guise de laisse,
Avec du vin, pour mes ivresses.

Avant que je m’en aille, je veux qu’on enterre,
Les cris des enfants qui ont faim,
Pleurant leur vie, de larmes en pierre
Sur des prières qui ne servent à rien.
Et pouvoir effacer les dires,
De tous ces maîtres apostoliques,
Qui devant Dieu, font les martyrs,
En vertu de morale cynique.
Pouvoir dégrafer leur corsage,
Aux saints de démons et d’enfer,
Et y accrocher leurs mirages,
Aux yeux aveugles de l’univers.
Avant de mourir, je veux qu’on me laisse
Isolé, seul, dans ma vieillesse.
La mort errante, en guise de laisse,
Avec pour Dieu, toute ma tendresse.

Alors peut-être j’irai mourir,
Accroché aux étoiles du pire,
A recoller, mes petits bouts de lune,
Aux établis de l’infortune.
Rallumer les amants perdus,
Embrasser les nones, leur vertu,
Fêter les mois, les jours, les heures
Aux yeux bourgeois du triste coeur.
Baiser le corps de l’infini,
Lui faire l’amour toute la nuit,
Avoir envie de se prendre la tête,
De se balancer de la planète.
Avant de mourir, je veux qu’on me laisse
Isolé, seul, dans ma vieillesse.
La mort errante, en guise de laisse,
Avec pour niche, toute noblesse.
Mais il fait nuit, je vais rendre ma vie.




Paroles et musique: Robert Nicollet

dimanche 20 décembre 2020

Ne me laisse pas tomber

 



Quand la déchirure est si forte, qu'elle laisse dire tout et son contraire... Puis tout s'arrête quand la lumière revient...


Ne me laisse pas tomber,
Mon p’tit brin d’amitiés,
J’ai le cœur dans les bottes,
Et la tête qui grelotte.
Ne me laisse pas tomber,
Ça ne sert à rien d’aimer,
Ça vous bouffe toute la vie
Et la vie, c’est ma nuit.
Ne me laisse pas tomber,
Dans le creux d’un ruisseau,
Sur le bord d’un baiser,
Qui s’rait v’nu un peu tôt
Mais,
Ne me laisse pas tomber,
J’ai de l’amour à donner,
Du ciel bleu des « Marquises »,
Aux glaces de la banquise.
Je dessine ton prénom,
Sur les murs de tes silences,
Et, ton souffle me répond,
Aux abonnés de l’absence.
Ne me laisse pas chialer,
Mon temps est bien trop court,
Et, j’n’ai plus l’temps d’aimer.
Et, j’ai tant besoin d’amour.
Tu sais,
L’amour, c’est d’la misère,
Qui ruisselle sur le boulevard,
D’étrangetés passagères,
Qui n’pensent qu’à faire pleuvoir.
Y’a des jours de tempête,
Où je me r’trouve noyer
Sur la rive d’un « je t’aime »
Sur une plage abandonnée.
Puis, la bouteille se vide,
Et, le verre se renverse,
Suis-je encore lucide,
L’amour a ses ivresses.
Ne me laisse pas tomber,
Ne me laisse pas tomber,
Ne me laisse pas tomber,
Non.

Paroles et musique: Robert Nicollet.

jeudi 17 décembre 2020

J'y vais

 



Parce que le papillon, se pose comme ça sur une fleur...


Ce drôle de cœur comme une larme,
Posée sur l’échine du temps
Comme un poème libre et sans arme,
Jeté au fil du vent.
Ce drôle d’amour, qui me pénètre,
Au rythme de l’accordéon,
Qui m’envahit, qui m’fait r’naître
Aux meilleurs fruits de la passion.
Si ses yeux m’emmènent ailleurs,
Loin de mes folles noirceurs.
J’y vais…
Ce drôle de mystère, involontaire,
Un ouragan d’émotion
Sortit du ventre d’une lointaine mer
D’un ailleurs en évasion.
A marée haute, entre deux vagues,
Elle bouquinait du Verlaine,
Une illusion, un doux mirage,
Quand ma vie était d’ébène.
Si ses yeux m’emmènent ailleurs,
Loin de mes folles noirceurs.
J’y vais…
Cette sensation, ce cœur à nu,
Cette potion qui s’infuse
Puis, qui résonne au plus haut des nues,
Lorsque la nuit s’en amuse.
Elle se fait tendre, son regard doux,
Elle sait comment m’apaiser,
Les mots du soir sont des chants d’Amour,
Et nos désirs, des baisers.
Si ses yeux m’emmènent ailleurs,
Loin de mes folles noirceurs.
J’y vais…
Paroles et musique: Robert Nicollet.

vendredi 11 décembre 2020

A nos rêves étoilés

 


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(Poème des songes à celle de mes pensées)
 
Aux souffles du désir, câlinant l’épiderme,
Eclosions de plaisir, où le temps s’enferme.
A l’infiniment sublime, aux délices passionnés,
Emportés sur les rimes, de tes mots susurrés,
Juste à peine soufflé, jouant aux alizés.
La chaleur au parfum, si finement posé,
Enivre mes refrains, mon esprit embrumé.
Elle me surprend en flag, sur ton île des tropiques,
Et, j’entends, les vagues, caresser tes criques,
Quand le soleil divague entre récifs et presqu’île.
Chaque reflet se promène, hardiment sur ton corps,
Céleste îlot en bohème, où mon regard se dore.
Magnifique étoile perlée, où jaillit la lumière,
Que le ciel a sublimé, au désir sans frontière.
Sur tes galbes veloutés, aux couleurs du jasmin
Je poserais mes baisers, doucement, un à un.
Sur ton lit de soie blanche, aux pétales embaumés
Où ton âme se penche, je viendrai m’y poser.
A fleur de tes lèvres, sur ton souffle exhalé,
Comme des éclats de rêves, en pourpre magnifié,
Je cueillerai tes baisers, et j’en sèmerai d’autres,
Sur ta peau chamoisée, je serai là, ton hôte.
Et ta fleur sur ma fleur, nous serons en bouquet,
Déployant tes splendeurs, à mes yeux fascinés.
Respirant chaque senteur, chaque pétale, chaque rosée,
Dégrafant chaque saveur, de ton âme enflammée.
Et nos cœurs enivrés, nos esprits envoûtés,
Nous nous amarrerons, nos corps enlacés.
 
Même, l’espace et le temps, en perdront leur chemin
On nichera, où l’on rêve, et qu’importe nos demains.
Je veux être graine d’étoile, sur ta silhouette en soleil,
M’allonger sur ta toile, et baiser tes merveilles.
Combien de mots doux, aurons-nous échangés ?
Combien de caresses, aurons-nous désirées ?
Combien d’ivresse, aurons-nous rêvées ?
Quand le soir se fait soie, que nos mots se couchent
Dans nos lits souvent froid, où nos infinis se touchent
Et nos rêves nous emportent, aux chaleurs de l’écrit,
Et nos rêves nous apportent, ce que la vie interdit.
Sur tes yeux d’émeraude, où les lacs s’endorment,
Où la douceur se brode, sur nos feuilles d’automne.
J’imagine tes pensées, tes désirs, tes idées,
Ne résistant à rien, de ton charme dévoilé.
Je pense à toi, ma belle, perchée dans mon esprit,
Tu seras toujours celle, qui me réveille à la vie.
J’imaginerai toujours, ton visage, ton regard,
Tes mots de velours, qui me parlent, me reparlent,
Je rêverai toujours, de ton toi, qui m’habite,
Des paroles d’amour, si sensiblement écrites,
Des doux poèmes libres, comme la brise des mots,
Qui souffle et qui se livre, à mon cœur en sursaut. 
Je dépose mille baisers, dans le creux de ton cou,
Que ce rêve soit si fort, que tu en sentes le goût…
 
J’aimerais écrire des poèmes sans mots,
Même une seule lettre serait là de trop,
Juste sentir l’explosion de nos sens,
Une poésie du sentir, douce étreinte, si intense…
Des regards partagés, des sourires in vitro,
Sentir ton souffle, ta voix, toucher ta peau, ton dos ;
Là où les frissons se jettent à la gueule des passions,
Ces passions sans fin, insolentes invasions,
Ivres, amantes, donnantes, libres, comme le vent, les éclairs,
Enflammées, dévorantes, exaltantes et lunaires.
Ces passions qui me tracent les chemins de tes lèvres,
Qui me portent si haut, pour te décrocher la lune
Elle est si proche de nous, ferme les yeux et rêve,
Voilà, elle est à toi, ma belle, tu es ma dame de lune.
Vénus sera ta reine, et Mars ton toujours
Nos planètes chanteront des beaux hymnes à l’amour
Dans cette folle tourmente, s’enflammeront nos vies,
Pour qu’elles veillent ensemble, nos doux secrets enfouis.
Je te serrerais si fort, que nous ne ferons qu’un,
Un comme l’univers de nos rêves éveillés,
Comme cet autre univers de nos mots partagés,
Sur l’échine de papier, que le temps voudra gommer.
Je câlinerai toujours, les nuages de pivoines,
Je soufflerai au ciel, pour t’en fleurir l’âme
J’embrasserai les nues, pour être à tes côtés,
Quand nos rêves clandestins, se voudront connectés.
Quel sublime moment, où nos rêves se croisent ;
Habillés de leurs mots, des « je t’aime », « je t’embrasse »
Et nos lèvres se touchent, s’effleurent, s’apprivoisent,
Nos baisers nous emmènent, nous portent, nous embrasent,
Nos esprits en naufrage, chavirent dans cette mer,
Où les vagues se rêvent, où le radeau espère,
Malgré la houle, la tempête, et le bruit du tonnerre,
Nos baisers sont d’amour, notre amour est stellaire.
Les étoiles nous réchauffent, comme le nid de nos rêves,
Et leur lumière éclaire, nos âmes liées de fièvre.
Je pense à toi, ma belle, perchée dans mon esprit,
Tu seras toujours celle, qui me réveille à la vie.
J’imaginerai toujours, ton visage, ton regard,
Tes mots de velours, qui me parlent, me reparlent,
Je rêverai toujours, de ton toi, qui m’habite,
Des paroles d’amour, si sensiblement écrites,
Des doux poèmes libres, comme la brise des mots,
Qui souffle et qui se livre, à mon cœur en sursaut. 
Je dépose mille baisers, dans le creux de ton cou,
Que ce rêve soit si fort, que tu en sentes le goût…
Que ce rêve soit si fort, que tu en sentes le goût…

dimanche 6 décembre 2020

Lettre au vieux monde et Les vautours - version public au "Printemps de Bourges".



 Lettre au vieux monde.


Je m’appelle sans papier, je suis né de nulle part.
D’un ailleurs éloigné, au bout d’une idée noire.
Là-bas, l’herbe qui pousse, répond au nom de la mort.
Le froid est à mes trousses, je tremble tout mon corps.

Je m’appelle sans parent, sans un père, sans une mère.
Je couche avec le vent, mes dix ans dans la guerre.
Je connais bien la peur, elle me parle du néant,
Cette angoisse, la terreur et le cri des enfants.

Je suis sans lendemain, un mirage passé,
Une histoire pour rien, une mémoire oubliée.
Puis, un jour, je mourrai, drapé dans le silence,
Mon cœur trop fatigué, par tant d’indifférence.

Je m’appelais sans papier, j’étais né de nulle part.
D’un ailleurs éloigné, au bout d’une idée noire.


Les vautours.


Sur les longues capes noires,
Ils avaient gravé leur vie,
Une vie d’amour sans histoires,
La vie qu’ils avaient choisie.
Et, le vent soufflait violence,
Sur les étoiles blanchies
Par la peur du silence,
Et le cauchemar de la nuit

Sur les longues collines noires,
Découpées par le soleil,
Ils rêvaient encore d’espoir,
Et, la liberté sommeille.
Enfin, l’ennemi surgit,
Sur les crêtes de l’oubli
Avec aux mains leurs fusils,
Et l’envie de tuer la vie.

Dans les cortèges des charrettes,
Ils sauvaient leurs souvenirs,
Et leur âme de poètes,
Voyait la liberté mourir,
Sur la terre assassinée,
Pleurait un peuple meurtri,
Sur les collines saignées,
Rodaient les vautours de la nuit.

Et les vautours les ont fait fuir,
De leurs nids d’autrefois,
Et, leurs visages démis,
Portaient le poids du pourquoi, 
Du pourquoi, du pourquoi...

Paroles et musique: Robert Nicollet

mardi 1 décembre 2020

"Belles de nuit" et "l'Africaine" concert au "Printemps de Bourges" par l'Agence culturelle.

 



Les belles de nuits

Leurs jupes aux malices artifices,
Sur nos désirs toujours complices
Elles ont des délices a offrir,
A celui qui en a pour jouir,
 
Elles tirent leurs bas, jusqu’au bas-ventre,
Leurs fines dentelles dans la lumière,
Des doux plaisirs qu’elles nous inventent,
Dans de belles lettres étrangères.
 
Elles ont leurs doigts endimanchés,
Aux dieux célestes de leurs desseins
Leurs mains aux éventails secrets
Ont fait rêver nos lendemains.
 
Elles ont mis des couleurs aux temps,
Sur leurs corps nus, à peine éclos.
Leurs coquines coquilles croquant
Des lieux qu’on dit incognitos.
 
Les yeux en partance pour l’ailleurs,
Dans ce cargo, privé d’hublot
Elles crèvent leur histoire, en plein coeur,
Pour accoucher d’Amour frigo.

Paroles et musique: Robert Nicollet.
 
L'africaine 
(après l'assassinat de Rania, jeune prostituée, dans le bois de Boulogne).

Il fait nuit,
Dans l'ombre luit
Ton corps nu
Femme de rue.
Insomniaque ingénue
De l'Amour mal foutu,
Tant voleuse que violée
Amoureuse mal friquée,
Douce braise africaine,
Ton corps joue des rengaines,
Dans cet enfer latin
Tu sexes ton gagne-pain.
Sur les airs de Harlem,
Tes baisers sont aubaines,
Dans le désert hurlant
Où brûlent tes amants.
Tes formes d'aventure,
Ta belle architecture,
S'achète au mètre temps,
A coup de kilo-francs.
Quarante fois encore
Ils t'ont enfoui leurs guerres.
Cette impuissante force,
Aux charmes militaires.
Un coup et puis la fuite,
Un coup et plus de suite...
Tu te retrouves sur l'herbe,
Si belle femme de rue,
Dans cette forêt déserte,
Nue, dans l'absolu.
Il fait encore nuit,
Mais le soleil s'éveille,
L'ombre a tout repris,
De ton corps en sommeil.
Froide et contre rien,
Morte au petit matin.

Paroles et musique: Robert Nicollet.